
Un pape, au visage paternel, sensible aux moindres joies et à toutes les souffrances, et déjà dans la paix de Dieu, revient au milieu de son peuple recevoir sa vénération et écouter sa prière (notre couverture). Le va-et-vient entre ciel et terre est bien la condition de l’homme, voyageur et étranger en ce monde, largement commentée par saint Antoine.
Nous sommes tous des exilés
Sa réflexion part de la grande vérité exprimée par saint Pierre, en harmonie avec l’enseignement de toute la Bible : « Je vous exhorte, dit-il, comme voyageurs et étrangers, à vous abstenir des désirs charnels qui font la guerre à l’âme » (1 P 2, 11). Le pèlerin, commente saint Antoine, est celui qui s’en va loin de sa patrie. Nous sommes tous pèlerins, car nous sommes descendus d’ailleurs, du bonheur du paradis, dans la misère de cet exil. Nous le sommes aussi parce que, rejetés de la face et du regard de Dieu, nous traînons, tels des mendiants, hors de la patrie céleste. Abstenons-nous donc des désirs de la chair et préférons souffrir n’importe quelle peine plutôt que troquer la vie éternelle contre les plaisirs de la chair. Si nous agissons ainsi, notre tristesse se changera en joie.
3e dimanche après Pâques
Voie étroite, large récompense
Notre condition de pèlerins, d’exilés et d’hôtes doit nous maintenir humbles et nous préserver de tout orgueil. Le pèlerinage de cet exil, en effet, est plein de misère et ingrat ; il ne connaît que douleurs et gémissements, difficultés et pleurs : « Les années de mon séjour sur terre ont été brèves et malheureuses », avait dit le vieux Jacob au Pharaon (Gn 47, 9). » Mais, comme Jacob, l’homme juste en butte à des luttes sans nombre, est soutenu, dans son pèlerinage par l’espérance de la Jérusalem céleste et, comme Jacob, soulage sa fatigue en posant sa tête sur la pierre solide de la foi.
Solidarité entre pèlerins
Pèlerins nous-mêmes, nous devons, accueillir le pèlerin et soulager le pauvre : « Jamais, dit Job, étranger ne coucha dehors, au voyageur (et pèlerin) ma porte restait ouverte » (Jb 31, 32).
Homme pèlerin, porte toujours sur la route de ton pèlerinage le sac de ton aumône, car ce que tu y mets sur le route de ta vie tu le retrouveras dans la vie éternelle.
| Jésus, premier pèlerin Jésus Christ a partagé lui-même la misère de notre pèlerinage : il est entré pauvre, exilé et pèlerin au milieu de notre pèlerinage et, avec difficulté, il trouva dans le monde entier une demeure pour lui. Il connut l’exil en Egypte... il but, pèlerin, les eaux amères du torrent de sa Passion ; étranger et de pèlerin, il fut retenu un vagabond, serviteur, il fut jugé impuissant à nous sauver. Il fut, au contraire, homme fort, car, même avec les mains percées par des clous, il a vaincu le démon. Pèlerin et hôte comme nous, il nous protège comme un lieu ombragé contre l’ardeur des fortunes trompeuses du monde. |