Coup de chapeau à la fraternité

25 Mai 2004 | par

La nouvelle a été accueillie avec enthousiasme par les Français et l’ensemble des acteurs de la vie politique et sociale. En effet, face aux questions omniprésentes dans la vie des personnes, toutes générations ou classes sociales confondues (incertitude devant l’avenir, perte généralisée des repères, précarité économique, précarité relationnelle, solitude…) ; devant le lien social qui s’effiloche et porte à une vulnérabilité croissante de larges pans de population, la “fraternité” apparaît pour beaucoup comme une ouverture possible de solution, voire une planche de salut.

Appel à la fraternité

Il est à peu près clair pour tous, que cette piste à explorer doit l’être tous azymuts et ne dépend pas de la seule bonne volonté (ou inititative) des Pouvoirs Publics. Selon un sondage récent (Ifop/Journal de l’Action Sociale), 85% des Français se sont déclarés prêts à engager personnellement des efforts pour faire progresser la fraternité entre les individus.

La grande cause nationale de la fraternité, décidée pour l’année 2004, laisse donc le champ libre à toutes les initiatives. Portée par l’association du même nom, qui réunit le collectif “Appel à la fraternité” (composé de personnalités et d’associations de tous bords) et les “Petits frères des Pauvres”, l’année de la fraternité va donner lieu à un concours de générosité. Elle mettra en valeur les initiatives d’entraide de proximité, dont certaines seront même récompensées, et sera jalonnée par des événements festifs.

Le ciment de notre société

Dans un récent éditorial de sa revue Partages, le président des Petits frères des Pauvres se réjouissait que la fraternité soit choisie comme grande cause nationale et que son organisme soit associé en première personne à l’animation de cette campagne. “La fraternité, écrivait-il, nous engage réellement dans une relation à l’autre, elle nous invite à construire le véritable ciment de notre société…. La fraternité, ajoutait-il encore, est une valeur qui se traduit par des gestes simples.” C’est bien ce pour quoi – des gestes simples - les Petits frères des Pauvres sont reconnus aujourd’hui, dans leur accompagnement personnalisé et fidèle dans le temps, des personnes âgées : à leur domicile, en hébergement collectif ou en institution hospitalière. Reconnue d’utilité publique en 1977, la fondation Bersabée devenait, par décret daté d’octobre 2003, la “Fondation des petits frères des Pauvres”.

Depuis plus d’un quart de siècle, les Petits frères des Pauvres sont connus pour leur capacité à organiser pour les personnes âgées à mobilité réduite, des activités de la vie quotidienne, des séjours de vacances au bord de la mer ou à la campagne ; des repas festifs, notamment au moment de Noël, et chaque été, une croisière. La fondation, qui avait tout particulièrement pour mission de donner accès au logement à des personnes âgées ou en situation de précarité, s’est vu encouragée à poursuivre et à amplifier cette action sociale prioritaire.

Pas de quartier pour l’indifférence

Tel est le slogan sous lequel est née l’association “Paris d’amis”, en 1990 : “Pas de quartier pour l’indifférence.”

Le fondateur de l’association, Atanase Périfan, est parti d’un constat très simple : le monde serait beaucoup plus facile et agréable à vivre si chacun faisait attention à son voisin : “Le niveau de solidarité le plus proche, affirme-t-il, est celui du voisinage.” “Paris d’amis” a un bon nombre de réalisations à son actif : accompagnement bénévole de personnes à mobilité réduite pour des consultations ou des démarches administratives ; créations localisées de mini-haltes-garderies pour les enfants ; service de recherche pour les demandeurs d’emplois. Mais l’activité principale des adhérents est le soutien (matériel ou moral) de voisins en difficulté : “Même quelqu’un qui a un emploi du temps très chargé, affirme A. Périfan, peut prendre une minute pour acheter une baguette supplémentaire et la porter à une voisine impotente.”

“Paris d’amis” est également à l’origine de l’opération Immeubles en fêtes, dont c’était – toujours le 25 mai !… - la 5e édition. Partant de la même démarche, d’être attentif à son entourage, l’idée est d’inviter ou de s’inviter réciproquement à prendre un verre entre voisins ; un prétexte pour se retrouver, le temps d’une soirée, dans le hall ou la cour de son immeuble, ou même dans la rue. L’événement “Immeubles en fête” a réuni en 2003, 2,5 millions de personnes.

Bilan et soirée des “Etoiles”

Comme on a pu le deviner sans peine, “Paris d’amis” était, le 25 mai dernier, l’un des partenaires privilégiés de la Journée de la fraternité qui donnait le coup d’envoi de “l’Année de la fraternité”. En un mot, cette année a pour but de valoriser, sur notre territoire, toute initiative, petite ou grande, destinée à réhabiliter l’écoute, la compréhension, le respect, la convivialité, l’entraide… et, de conséquence, le lien social de proximité.

En décembre 2004, une soirée de la fraternité, marquera la clôture de l’année. L’ampleur maximum sera donnée à l’événement, avec une émission télévisée en “prime time” sur une chaîne nationale, en présence de personnalités des arts, du spectacle, du sport, etc. Cette soirée qui se veut avant tout festive permettra de tirer un premier bilan et des “Etoiles de la fraternité” seront remises à des personnes, des associations, des entreprises ou des acteurs publics ayant mis en place des actions particulièrement significatives et prometteuses en matière de fraternité.

Bien au-delà des actions ou réalisations entreprises en 2004, cette “Année de la fraternité” est un encouragement pour chacun de nous à porter un regard différent sur les autres – sur nous-même déjà ! -, et sur les événements. Sur cette base, pourront se révéler ses qualités d’antidote aux détresses multiples qui frappent ici et là le monde et nous touchent parfois de près. Et la fraternité pourra alors espérer devenir demain un antidote à la guerre : seul chemin susceptible de conduire à une paix durable.

Pour en savoir plus :

Grande cause nationale de la fraternité :
Tél. +33-(0)1-53 10 24 15 ou +33-(0)1-44 07 02 52 / Fax : +33-(0)1-53 10 24 19.
Journal de l’Action Sociale : 13, boulevard Saint-Michel – 75005 Paris
http : www.grandecausefraternite2004.com

Paris d’amis :
1 Bis rue Descombes 75017 Paris
Tél. +33-(0)1-42 12 72 72.

Petits frères des Pauvres :
64 avenue Parmentier 75011 Paris. Tél. +33-(0)1-49 23 13 00 / Fax : +33-(0)1-47 00 94 66.

 

Updated on 06 Octobre 2016