Fatima

01 Janvier 1900 | par

Cest avec une satisfaction évidente que les journaux portugais du 4 avril dernier annoncèrent la venue du Pape à Fatima, le 13 mai, pour la béatification des jeunes voyants, Francisco et Jacinta Marto. «Jean-Paul II, écrivait O Journal de Notícias de Porto, se sent particulièrement lié à Notre-Dame de Fatima à laquelle il attribue d’avoir échappé, le 13 mai 1981, à l’attentat perpétré par le Turc Ali Agca». Et ce d’autant plus, ajoute le journal, que la confirmation de ce voyage nous est parvenue le jour du 81e anniversaire de Francisco, mort de fièvre pulmonaire le 4 avril 1919.

La glorification de ces deux enfants réjouit tout le peuple chrétien, mais en particulier l’Eglise du Portugal – n’oublions pas que saint Antoine est originaire de ce pays – qui a trouvé dans les apparitions dont ces enfants furent les témoins privilégiés, un nouvel élan pour sa foi. Par-delà les fausses interprétations et les peurs qu’il a pu susciter, en effet, le message de Fatima est un appel à «la conversion intérieure et totale», adressé à travers la simplicité, la loyauté, la confiance de petits enfants, comme nous le rappelle le père Rui Acácio, du diocèse de Leiria (Fatima), dans l’article qu’il a préparé pour nous (p. 15-17).

Un des premiers retours à la foi fut celui du propre frère des jeunes voyants, João Marto, actuellement âgé de 93 ans. «Je ne croyais pas à ce que disaient mes frères, raconte-t-il dans une interview au Messenger (Le Messager en langue anglaise). Eux me traitaient de méchant et me disaient que j’irais en enfer. Je commençai à croire lorsqu’ils tombèrent malades. Dès la deuxième apparition, en effet, la Vierge avait révélé à Francisco et à Jacinta qu’ils mourraient très tôt, tandis que Lucia survivrait plus longtemps... Francisco tomba malade en 1919 et mourut peu de temps après. C’est à ce moment-là que mon scepticisme commença à vaciller : constatant que tout ce que mes frères avaient dit s’était réalisé, je me rendis compte que quelque chose d’extraordinaire était arrivé et je changeai d’opinion à leur sujet».

Notre foi et notre confiance auraient-elles besoin, elles aussi, de preuves ? Peut-être, mais « Heureux, a dit le Christ, ceux qui croient sur sa parole, conformée pour nous par l’Eglise, sans avoir vu».

Updated on 06 Octobre 2016