La force de l'Esprit

18 Avril 2011 | par

La Parole Dieu

Le jour de la Pentecôte étant arrivé,

ils se trouvaient tous ensemble dans un même lieu,

quand, tout à coup,

vint du ciel un bruit tel que celui d’un vent violent,

qui remplit toute la maison où ils se tenaient.

Ils virent apparaître des langues qu’on eût dites de feu ;

elles se partageaient,

et il s’en posa une sur chacun d’eux.

Tous furent remplis de l’Esprit-Saint

et commencèrent à parler en d’autres langues,

selon que l’Esprit leur donnait de s’exprimer. (Ac 2, 1-4)





La Parole de saint Antoine

Le mot grec pentecostes se dit en latin quinquagesimus, “cinquantième”.

Pour le peuple ancien, la Loi a été donnée, le cinquantième jour, dans le feu. De même, dans le Nouveau Testament, le cinquantième jour après Pâques, l’Esprit-Saint est descendu sur les apôtres, dans le feu. La Loi est donnée sur le mont Sinaï, l’Esprit dans le mont Sion (à Jérusalem). La Loi est donnée sur le sommet de la montagne, l’Esprit dans le cénacle. 



« Ils se trouvaient tous ensemble », aucun n’était absent ; ils n’avaient qu’un seul cœur et une seule âme (cf. Ac 4, 32).

« Dans un même lieu », au cénacle où ils étaient montés. Celui qui désire recevoir l’Esprit quitte le domicile de la chair et monte dans la contemplation de l’Esprit.

« Vint du ciel un bruit comme d’un violent coup de vent… » La grâce de l’Esprit-Saint ignore les lenteurs. Vint avec bruit celui qui était venu instruire les siens.



« Ils virent apparaître des langues de feu. » La langue du serpent a répandu le venin dans Ève ; celle d’Ève dans Adam et celle d’Adam s’est révoltée contre Dieu. L’Esprit-Saint est apparu dans des langues de feu pour opposer ses langues aux langues, son feu au venin mortel.



« Tous furent remplis de l’Esprit-Saint… » Voilà le signe de la plénitude : un vase plein éclate, un feu ne peut être caché. Ils parlaient toutes les langues, l’Esprit-Saint « distribuant ses dons à chacun » (1 Co 12, 11), car il inspire sa grâce où il veut, comme il veut, autant qu’il veut, quand il veut, à qui il veut.

Que daigne nous l’inspirer, celui qui, aujourd’hui, a inspiré sa grâce aux apôtres dans des langues de feu.



Pour aller plus loin

Ainsi, en quelques phrases très condensées, Antoine décrit-il les merveilles de la grâce de la Pentecôte sur les apôtres et dans nos âmes.

Le prodige renouvelle celui du Sinaï. Dieu se communique dans le feu et sur la montagne : la première fois, pour donner la Loi ; la seconde, pour donner l’Esprit. Mais il ne se communique qu’à ceux qui sont recueillis, dans l’unité des cœurs et, loin des bruits du monde, dans le silence, la prière et la contemplation.

Il se communique avec force et bruit, comme un vent violent, parce que l’Esprit ne tolère pas la paresse et force à l’action.

Il se communique en langues et en feu. Contrairement à celles du serpent, d’Ève et d’Adam qui ont propagé le venin de la dispersion et de la révolte, la langue de l’Esprit propage la sagesse de Dieu qui unit et rassemble dans l’amour. Et chacun, selon sa capacité et sa disponibilité, en est rempli et en déborde, comme un vase comble déverse nécessairement ce qu’on y met.

Les apôtres ont reçu l’Esprit qui a surmultiplié en eux les dons dont ils jouissaient déjà par leur nature, leur cœur, leur intelligence, leur tempérament ; ils ont parlé à tous dans la langue de chacun, et chacun a perçu dans sa propre langue la voix de l’Esprit qui l’appelait à la conversion



Il se communique encore et nous parle à nous aussi pour que, à notre tour, dans la force de notre foi et le feu de notre amour, nous le communiquions par nos paroles et par notre vie.  

Updated on 06 Octobre 2016