Le Corset
Après avoir fait ses armes au sein du studio Pixar, le réalisateur Louis Clichy signe un premier long métrage personnel et percutant, Le Corset, primé dans de nombreux festivals. Inspiré de son enfance dans une ferme de la Beauce, le film séduit par la beauté et la simplicité de son animation, à l’encre et à l’aquarelle. À travers le quotidien de Christophe, fils d’agriculteur contraint de porter un corset, l’œuvre aborde avec sensibilité le passage délicat de l’enfance à l’adolescence, entre métamorphose du corps et désir d’émancipation.
Trouver sa place
Le film suit en parallèle le parcours du jeune héros, de la primaire au collège, et la mutation de la ferme de ses parents, d’une exploitation traditionnelle à un modèle céréalier productiviste. Les bouleversements du monde agricole résonnent avec les tumultes de l’adolescence : physiquement comme métaphoriquement, Christophe « penche », mal à l’aise dans un cadre oppressant. Le garçon grandit dans un environnement très structuré, les dessins en lignes droites en soulignent la rigidité : l’horizon des champs est ainsi brisé par la verticalité de pylônes électriques tandis que la ferme dévoile une architecture géométrique et austère. Face à l’autorité paternelle et au poids des traditions, Christophe étouffe et cherche sa place.
Dans un milieu où la voie semble déjà tracée, certaines rencontres s’avèrent salvatrices pour Christophe. Son horizon s’élargit d’abord avec la découverte de la musique auprès d’un organiste bienveillant, puis au contact de Clara qui lui transmet la force de s’affirmer pour réaliser ses rêves, quitte à défier ses parents. Avec humour, le film suggère alors que traverser des crises est parfois indispensable pour forger sa personnalité et, enfin, sortir du cadre.