Qui est mon prochain ?

22 Juillet 2004 | par

En septembre, la rentrée, la reprise de l'école et du travail vont souvent de pair avec une relance de nos activités et de nos revues. Cette année, cette relance, je la réserve aux mois qui viennent. Il y aura des nouveautés, mais je vous en parlerai le moment venu... Pour l'instant, je voudrais prendre un temps de réflexion, sur un sujet dont nous parlons si souvent dans nos articles et dans nos échanges : qui est le prochain au nom duquel nous sommes sans cesse sollicités ? Qu'en dit saint Antoine ?
Le mot prochain a certainement une résonance chrétienne : il évoque la parabole du Bon Samaritain, proche de l'homme tombé aux mains des brigands ; il rappelle l'amour du prochain, un des plus grands commandements de notre foi ; il travaille notre conscience lorsque notre cœur est déchiré par des sentiments de haine, il nous sollicite continuellement à aller au secours, précisément, du prochain souffrant ou qui frappe à notre porte.
Pour le reste, avons-nous un prochain ? On peut en douter ! Que nous reste-t-il, lorsque nos villages se dépeuplent au profit des immeubles anonymes des villes ; que nos rencontres quotidiennes chez le commerce de détail du quartier se font rares, au profit des foules des grandes surfaces ; que les communautés des paroisses, trop petites pour avoir un prêtre à leur service, sont obligées de rejoindre celles des bourgs plus ou moins proches, forcément inconnues... Lorsque, au sein de nos familles, les liens sacrés entre les époux et avec les enfants se relâchent au profit d'unions libres, de familles monoparentales, de foyers recomposés... et que de simples disputes se transforment parfois en animosités, voire en haines entre frères ?
Interrogeons alors saint Antoine, que nous dit-il à ce sujet ? Un rien, une simple phrase lui suffit pour nous arracher à nos étroitesses et nous lancer vers le large, en eaux profondes (Lc 5,4).
Regardez, dit-il : votre prochain, c'est tout homme, quelle que soit la couleur de sa peau, son origine, sa religion. Vous devez l'aimer, comme un frère, comme le Christ...
Regardez encore : soyez attentifs à ses vrais besoins, à ses souffrances, à ses problèmes, à ses stress, à ses solitudes, et sachez soutenir les faibles, conseiller ceux qui cherchent, encourager les déprimés, accompagner ceux qui sont seuls... L'amour chrétien doit être, comme la lune, mobile, souple, se réjouir avec ceux qui sont dans la joie, souffrir avec ceux qui souffrent (Rm 12, 15)...
Regardez et écoutez les interrogations qui sont autant d'appels à l'aide ; répondez en donnant de vous-mêmes, comme le Christ, sans compter, même au prix de votre vie.
Alors, le prochain, un mot uniquement religieux, restreint aux membres d'un mouvement, d'une fraternité, d'un club chrétien ? Pas du tout ! Mais un mot qui nous ouvre aux dimensions physiques, morales et spirituelles de l'homme, aux dimensions du monde, et qui nous engage à les servir.

 

Updated on 06 Octobre 2016