La liberté, un choix d’amour

La loi de la parfaite liberté, c’est l’amour de Dieu qui rend l’homme totalement parfait et libre de tout esclavage. Dieu ne désire rien ni n’aime rien aussi ardemment dans l’homme que son cœur, dans lequel habite la loi de l’amour […].
17 Mai 2026 | par

La loi de la parfaite liberté, c’est l’amour de Dieu qui rend l’homme totalement parfait et libre de tout esclavage. Dieu ne désire rien ni n’aime rien aussi ardemment dans l’homme que son cœur, dans lequel habite la loi de l’amour […]
Cf. Saint Antoine, sermon pour le Ve dimanche après Pâques

La liberté. Voici un sujet brûlant et extrêmement complexe. Attention à ne pas y toucher, à la liberté ! Nous sommes tous d’accord pour la défendre comme l’un de nos droits les plus importants. Mais être tous d’accord sur ce que signifie « liberté », ça, c’est une autre paire de manches. Les opinions sont des plus diverses. Spontanément, quand nous pensons à la liberté, nous l’imaginons peut-être comme quelque chose que nous possédons, une « capacité » que nous pouvons tenir entre nos mains, à gérer sans que personne ne puisse nous dire quoi que ce soit. Face à cette idée de liberté « possédée et autonome », les paroles de saint Antoine ne peuvent que nous paraître contradictoires. Quel sens aurait-il de parler de liberté si nous la mettons en relation avec la loi ? Et pourtant, notre saint bien-aimé cite les Écritures et parle précisément de « loi de la liberté » ; ou mieux encore, d’une liberté parfaite. Rien de moins ! Oui, Antoine s’aligne sur les Écritures – et pas seulement sur elles – en prenant position : il n’y a pas de liberté sans loi. La loi donne des indications, trace des limites, exige que l’on tienne compte les uns des autres. Voilà pourquoi nous avons besoin de lois. La liberté s’en trouve-t-elle pour autant anéantie ? Effacée ? Non, bien au contraire ! La liberté peut s’exercer en discernant, parmi les mille possibilités qui s’offrent à nous, le meilleur choix pour vivre dans ce monde en respectant à la fois soi-même et les autres.
La liberté n’est donc pas une sorte de propriété qui ne concerne que nous et que nous pouvons garder jalousement. Elle n’existe qu’au moment où je dispose de moi-même en mettant en œuvre des décisions.
La liberté parfaite est celle de l’amour, qui se déploie en nous mobilisant de manière responsable pour que nous puissions améliorer la vie des autres. On comprend bien que notre liberté ne sera jamais, à tout égard, une liberté « parfaite » si nous comprenons ce mot comme « irréprochable », « toujours à la hauteur de la situation », « toujours capable de faire le bon choix ». Combien d’erreurs commettons-nous, dans notre vie ? Combien de fois nous sommes-nous sentis incapables et désorientés ? Mais, nous pouvons, malgré tout, la déclarer « parfaite » si nous la laissons recommencer, toujours recommencer, guidée par la « loi de l’amour ». L’amour serait-il lui aussi une loi ? Encore une contradiction ! L’amour n’a-t-il pas plutôt quelque chose à voir avec la passion des sentiments, avec l’élan impétueux du cœur ? Non, là encore, il faut dire que « l’amour » se décline avec « la loi », car l’amour qui dure a besoin de détermination, de capacité à résister, de choix parfois exigeants et risqués.
Dans les paroles de saint Antoine, il y a aussi la « liberté par rapport à ». Intéressant. La liberté par rapport à toute forme d’esclavage. Oui, car on peut rester prisonnier de soi-même lorsque la « liberté » signifie faire ce qui nous plaît le mieux, sans jamais nous attacher à rien ni à personne. Nous devenons esclaves de nos instincts agressifs si nous nous considérons libres seulement lorsque nous suivons nos propres intérêts en ne pensant à rien d’autre. On peut tomber dans le piège du « tout vouloir » ou, à l’inverse, du « ne jamais rien vouloir ». Et ainsi, le cœur se vide. Et nous ne sommes jamais satisfaits. Pensez-vous qu’un tel cœur puisse plaire à Dieu ? 

Updated on 17 Mai 2026
Laissez un commentaire