L’espoir de faire mieux

De nouvelles rampes d’accès, une nouvelle toiture et des aménagements dans les salles de classe permettent à une école maternelle du Guatemala d’offrir de meilleures conditions à 115 enfants.
18 Octobre 2026 | par

Le sol de l’aire de jeux du Centro Educativo para Párvulos Sagrado Corazón de Jesús – le Centre d’éducation de la petite enfance du Sacré-Cœur de Jésus – à Mixco, une ville du Guatemala, s’abîmait de plus en plus au fil des années. Fissuré et irrégulier, il était devenu un danger quotidien pour les enfants de 4, 5 et 6 ans qui y couraient. À l’intérieur, les panneaux du faux-plafond des salles de classe et du couloir s’étaient détériorés à tel point que certains pendaient, risquant de tomber sur les enfants. À l’arrivée de la saison des pluies, l’eau s’engouffrait dans la salle d’activités ouverte sur les côtés. Et pour tout enfant arrivant en fauteuil roulant, le bâtiment était tout simplement inaccessible : des marches à chaque entrée, aucune rampe en vue. L’école, qui depuis plus de trois décennies accueillait les enfants des familles les plus démunies de la Colonia San Ignacio, avait besoin de travaux de rénovation urgents depuis longtemps.
« Avec le temps, le bâtiment s’était détérioré, explique sœur Maria Teresa Muralles Reyes, administratrice financière du Centre éducatif. Nous avons constaté qu’il était urgent de rénover l’aire de jeux : tout le sol recouvert de béton devait être remplacé. Nous devions également réaménager l’entrée, car il n’y avait aucune rampe d’accès aux salles de classe et aux toilettes pour faciliter la mobilité des enfants en fauteuil roulant. »

Un quartier difficile
L’école est gérée par les Servantes du Sacré-Cœur de Jésus sous la protection de saint Joseph. Leur congrégation a été fondée à Imola, dans le nord de l’Italie, en 1876 par sœur Lucie Noiret, une religieuse d’origine savoyarde, dont la vision de l’éducation des pauvres a été à l’origine d’une mission internationale. Leur maison générale se trouve à Bologne et, aujourd’hui, la congrégation mène son œuvre éducative au sein de communautés situées en Italie, au Guatemala, au Mexique et au Salvador. En 1990, les sœurs ont fondé l’école, en commençant avec six enfants réunis dans la salle de l’église Sainte-Cécile. L’année suivante, grâce au soutien de bienfaiteurs italiens et guatémaltèques, un bâtiment consacré à l’école a été achevé. Le 14 février 1991, l’établissement a été inauguré et béni. Aujourd’hui, l’école accueille 115 enfants dans des programmes préscolaires, de crèche et d’école maternelle, répartis dans trois salles de classe, chacune pouvant accueillir jusqu’à 50 élèves.
Le quartier où se trouve l’école est classé zona roja (NDLR zone rouge) en raison de la violence, des extorsions et du trafic de drogue. La migration interne, engendrée par la pauvreté, le chômage et la désagrégation familiale, est continue. De nombreux enfants sont issus de familles monoparentales. Beaucoup de leurs mères travaillent au noir à domicile et sont victimes d’extorsions, très fréquentes dans la région. Les frais de scolarité sont fixés à la moitié du tarif autorisé par le ministère de l’Éducation, car la plupart des familles vivent dans une extrême pauvreté. Les sommes récoltées par les sœurs suffisent à peine à couvrir les salaires des enseignants. La pandémie a aggravé une situation déjà compliquée alors que pour bon nombre des 115 élèves et de leurs familles, l’école est également un refuge.

Trois priorités
Les sœurs ont adressé à la Caritas Saint-Antoine une proposition de projet, intitulée La Esperanza de Mejorar, « L’espoir de faire mieux ». Le projet identifiait trois priorités urgentes : la réfection du sol de l’aire de jeux, la construction de rampes d’accès pour les enfants en situation de handicap, ainsi que la réparation et l’agrandissement du toit. Sœur Julieta Oliva Reyes, déléguée régionale pour l’Amérique latine, a rédigé une lettre de soutien, soulignant que l’investissement dans la petite enfance au Guatemala était devenu une question urgente, notamment à la suite de la pandémie de COVID-19 et des extorsions qui touchent même les plus petites entreprises, contraignant les parents à garder leurs enfants à la maison plutôt que d’assumer les frais de scolarité. Sœur Eulalia Calderón Alcántara, supérieure générale de la congrégation, s’est montrée tout aussi directe : « Sans le soutien des bienfaiteurs, a-t-elle écrit, il serait impossible de garder l’école en activité ». La Caritas Saint-Antoine a accordé une contribution de 11 000 euros, versée en deux fois.
Les travaux ont débuté le 23 décembre 2025, une date délibérément choisie pour profiter des vacances de Noël de l’école. Au Guatemala, l’année scolaire commence le 15 janvier, il n’y avait donc que trois semaines pour mener à bien un programme de construction d’une envergure considérable. Une complication supplémentaire venait s’ajouter : la première tranche du financement ne pouvait être retirée de la banque qu’à partir du 13 janvier 2026, soit plusieurs semaines après le début des travaux et en même temps que le début de l’année scolaire. « Nous ne sommes pas des expertes en gestion de projets – explique sœur Maria – et nous avons eu des difficultés à envoyer les données requises, ce qui a entraîné un retard dans la réception de l’argent, nous obligeant à contracter un emprunt pour couvrir immédiatement les coûts. »
Malgré tout, les travaux ont été achevés le 6 février 2026. Des rampes d’accès intérieures et extérieures ont été aménagées à l’entrée principale et le long des 16 mètres menant à la salle de classe de la maternelle, chacune étant équipée de garde-corps de sécurité. Trois rampes amovibles ont été installées dans les toilettes et à l’entrée principale. Un auvent de 63 mètres a été construit le long de la salle d’activités en plein air, mettant ainsi fin aux inondations annuelles. Le sol de l’aire de jeux, qui présentait des fissures, a été nivelé, compacté et refait avec 83 m2 de béton neuf. 378 panneaux du faux-plafond ont été remplacés par de nouveaux panneaux en fibrociment blanc ; un nouvel éclairage a été installé dans les couloirs, repeints, et dans le bureau administratif. La congrégation a ajouté une petite somme supplémentaire à la contribution reçue par la Caritas Saint-Antoine pour achever les travaux, portant l’investissement total à un peu plus de 11 000 euros.

Une école inclusive
Pour les enfants ayant une mobilité réduite ou qui arrivent en fauteuil roulant, les rampes représentent bien plus qu’un simple confort pratique. « En tant que centre éducatif, nous avons pour mission de favoriser l’inclusion de tous les enfants, affirme sœur Maria. La rampe a été installée car il y a de nombreuses marches et nous voulons faciliter l’accès aux salles de classe et aux toilettes, en particulier pour les enfants en situation de handicap. » Le plafond rénové et le sol sûr et lisse ont amélioré le quotidien de chaque enfant qui fréquente l’école. « Nous remercions la Caritas Saint-Antoine et les lecteurs du Messager de Saint Antoine pour leur précieuse aide et leur générosité », déclare sœur Maria au nom de toute la communauté. Pour 115 enfants de l’un des quartiers les plus délaissés de Mixco, ce projet a vraiment fait la différence, transformant l’espoir d’un avenir meilleur en une réalité concrète. 

Updated on 18 Octobre 2026
Laissez un commentaire