Le jubilé franciscain, une joie pour toute l’Église

L’Église catholique commémore cette année le 800 ans de la mort de saint François d’Assise. Pour l’occasion, un jubilé spécial a été ouvert par le Pape et les franciscains conventuels de Padoue ont créé un parcours jubilaire à l’intérieur de la Basilique.
04 Octobre 2026 | par

Huit siècles ! L’Église catholique commémore cette année le 8e centenaire de la mort de saint François. C’est en effet le 3 octobre 1226 que décédait le Poverello à Assise où il était né une quarantaine d’années plus tôt. Une vie relativement courte, mais qui aura eu un impact comme peu d’autres sur l’histoire de l’Église.
Son père, l’histoire est connue, est un riche marchand de draps qui commerce notamment avec la France, en hommage de laquelle il nommera son fils aîné. La jeunesse du futur saint est plutôt dissipée, marquée par les plaisirs mondains – mais François est déjà remarqué pour sa générosité.
Vers l’an 1205, alors qu’il rêve de devenir chevalier, il entame progressivement une conversion intérieure, notamment par la rencontre de malades atteints de la lèpre. « Le Seigneur me donna ainsi à moi de commencer à faire pénitence : lorsque j’étais dans les péchés, il me semblait extrêmement amer de voir des lépreux. Et le Seigneur me conduisit parmi eux et je leur fis miséricorde », écrira-t-il dans son Testament.
L’évènement décisif survient peu après. En pleine prière, il entend une voix : « Répare mon église ». Il comprend d’abord cet appel comme une exhortation à une restauration matérielle, d’un édifice abîmé par les années. Il dépense beaucoup pour cela et pour ses aumônes. Mais son père est furieux de le voir dilapider son bien et l’assigne en justice. Dans un geste qui a traversé les siècles, François se dépouille de tout, y compris de sa tunique. L’évêque le prend sous sa protection et le revêt de son manteau. François fonde ainsi les religieux mendiants, unis à « Dame pauvreté » et comprend que l’appel à la restauration ne concernait pas les édifices, mais l’Église corps du Christ. Rapidement, plusieurs frères le suivent : ils deviendront plus tard la grande famille franciscaine. 
La vie de François est prolifique : il « invente » la crèche de Noël telle que nous la connaissons aujourd’hui, part rencontrer le sultan, reçoit les stigmates, écrit la règle de son ordre, compose de nombreuses prières… Le tout dans une vie marquée par des fioretti et de nombreux miracles qui nous sont parvenus.
Pour la grande famille franciscaine – dont les Frères de la basilique Saint-Antoine à Padoue – le 800e anniversaire de sa mort est donc une commémoration particulière. Pour l’occasion les supérieurs de différentes branches ont signé une lettre commune : « Après avoir accueilli en lui l’Esprit de Jésus, jusqu’à porter sur son corps les marques du Crucifix, [le Poverello] est devenu lui-même une semence de l’Évangile, chargée des fruits de la vie éternelle. C’est le précieux héritage qu’il nous a laissé. »
La spiritualité de François ne concerne toutefois pas seulement ceux qui se réclament de la famille franciscaine, mais bien toute l’Église. C’est ainsi que Léon XIV est venu lui-même en pèlerinage à Assise dès le mois de novembre dernier, invitant à « célébrer ce grand saint humble et pauvre alors que le monde cherche des signes d’espérance ». Il y est d’ailleurs retourné le 6 août dernier pour s’associer aux jeunes venus accomplir la même démarche dans le cadre de l’année anniversaire.

Un saint toujours actuel
Plus encore, le Pape a voulu que tous les chrétiens puissent s’y associer, tant l’exemple du saint est toujours actuel : « Notre époque n’est guère différente de celle dans laquelle vécut François, et c’est précisément à cette lumière que son enseignement est peut-être aujourd’hui encore plus valable et compréhensible. Lorsque la charité chrétienne s’affaiblit, que l’ignorance se répand avec le mauvais exemple et que ceux qui exaltent la concorde entre les peuples le font davantage par égoïsme que par un esprit chrétien sincère ; lorsque le virtuel l’emporte sur le réel, que les dissensions et les violences sociales font partie du quotidien et que la paix devient chaque jour plus incertaine et lointaine, cette Année de saint François doit nous stimuler tous, chacun selon ses possibilités, à imiter le Pauvre d’Assise, à nous former autant que possible sur le modèle du Christ. »
Pour cela, Léon XIV a décrété une année jubilaire exceptionnelle, courant jusqu’au 10 janvier prochain, afin que « tout fidèle chrétien, à l’exemple du saint d’Assise, devienne lui-même un modèle de sainteté de vie et un témoin constant de paix ». Pour cela, chacun est invité à s’associer à ce 8e centenaire, « En visitant en pèlerinage toute église conventuelle franciscaine ou tout lieu de culte, en quelque partie du monde que ce soit, dédié à saint François ou lié à lui pour quelque raison ».
Une indulgence plénière peut être obtenue « en concluant par le Notre Père, le Credo et des invocations à la bienheureuse Vierge Marie, à saint François d’Assise, à sainte Claire et à tous les saints de la Famille franciscaine » - et en remplissant les conditions habituelles (confession, communion et prière selon les intentions du Pape). Ceux qui ne peuvent effectuer un tel pèlerinage, notamment pour des raisons de maladie, peuvent également obtenir l’indulgence « s’ils s’unissent spirituellement aux célébrations jubilaires de l’Année de saint François, offrant au Dieu miséricordieux leurs prières, leurs douleurs ou les souffrances de leur vie. »
Et pour ceux qui le peuvent, un lieu bien sûr permet de vivre ce pèlerinage jubilaire : la ville de Padoue ! Un parcours spécial en huit étapes a été conçu pour s’associer à cette démarche spirituelle. Car comme le dit le recteur de la Basilique, « Nous espérons que le jubilé sera l’occasion de nous éveiller de notre torpeur et de notre égoïsme. Nous avons besoin que nos vies soient en harmonie avec la Bonne Nouvelle de l’Évangile. » 

Updated on 04 Octobre 2026
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