Pâques : des symboles… chrétiens !

Le temps de Pâques est associé à de nombreuses traditions. Mais au-delà du folklore, ces éléments traduisent en langage imagé le langage de Pâques. Tour d’horizon de ces traditions, pour expliquer aux plus jeunes le message chrétien qu’elles révèlent.
05 Avril 2026 | par

L’agneau
Plat traditionnel du déjeuner du jour de la Résurrection, l’agneau – généralement sous forme de gigot – est la tradition pascale dont l’origine religieuse est la plus évidente : elle correspond en effet à un commandement biblique. S’adressant à Moïse, le Seigneur instruit : « que l’on prenne un agneau par famille, un agneau par maison (…) On mangera sa chair, on la mangera rôtie au feu, avec des pains sans levain et des herbes amères. » (Ex 12, 4-8).
Consommée par les Hébreux la veille du départ d’Égypte pour rejoindre la Terre promise, cette viande d’agneau a le goût de la liberté et de la fin de la servitude. Ce commandement adressé au peuple élu a été repris par les chrétiens, d’autant que Jésus Christ est associé à l’agneau sans tache. « Notre agneau pascal a été immolé : c’est le Christ », déclare ainsi saint Paul (1 Co 5, 7). Pour les chrétiens, l’agneau a donc le goût du rachat par le Seigneur et de la fin de l’esclavage du péché. Avec l’agneau, on peut expliquer aux plus jeunes le sacrifice du Christ, lui le sans péché, pour nous sauver.

Les cloches
« Pendant le chant du Gloria [lors de la célébration du soir du Jeudi saint], les cloches sonnent. Elles se taisent ensuite jusqu’à la Vigile pascale », indique le Missel romain. En France, il est de tradition d’expliquer ce silence aux enfants en affirmant que les cloches se sont envolées vers Rome pour être bénies par le pape avant de revenir à toutes volées à Pâques. Ce silence de l’instrument qui a longtemps rythmé les vies dans le monde chrétien signale la gravité du moment lors de la Passion du Christ. Les cloches se taisent devant la souffrance et la mort de l’homme-Dieu. Et au contraire, elles éclatent dans un tintement joyeux pour annoncer au monde sa résurrection.
Si aujourd’hui les cloches ont perdu leur rôle social, on les retrouve sous forme chocolatée. En offrant ces friandises aux enfants, on peut expliquer que Pâques est une joie qui est à partager avec le plus grand nombre, comme lorsque tout le monde entendait leur retentissement. Derrière les cloches en chocolat, il peut donc y avoir une éducation au devoir missionnaire de chaque chrétien !

Les œufs
Voilà probablement le symbole le plus universel et le plus ancien de Pâques. Reprenant pour sa part d’anciens rites païens, l’œuf accompagne les fêtes de la Résurrection depuis des siècles. L’œuf est d’une symbolique relativement évidente : il est porteur de vie et de renouveau. Certains avancent également que l’œuf est habituellement associé à Pâques car sa consommation aurait été prohibée pendant la période du Carême. Avec Pâques, revenait donc l’autorisation de manger de cet aliment peu coûteux et riche en protéines.
Saint-Simon, chroniqueur du Grand Siècle, rapporte que se développe à la cour de Louis XIV le défi de réaliser les œufs les plus richement décorés pour la fête de Pâques. Certains sont encore conservés aujourd’hui au château de Versailles. Cette tradition royale se retrouve chez les tsars de Russie, avec les célèbres œufs de Fabergé, dont le premier a été offert par Alexandre III à son épouse pour Pâques en 1885.
De nos jours, cette tradition de décorer des œufs perdure encore en Europe centrale. À l’aide d’une aiguille, les œufs de poule sont délicatement percés à une extrémité pour être vidés. Les enfants les ornent ensuite, le plus souvent avec de la peinture à l’eau. Motifs géométriques et autres dessins trouvent leur place sur la délicate toile. Cette activité permet de préparer de façon ludique les enfants à la grande fête de Pâques et, comme pour Noël, de leur expliquer le souci de parer sa maison pour célébrer comme il se doit le Seigneur à l’occasion de la fête la plus importante de l’année.

Le chocolat
Dans la culture sécularisée actuelle, Pâques est peut-être la fête du chocolat avant d’être celle de la Résurrection du Christ ! Avec la découverte puis la colonisation des Amériques, le cacao traverse l’Atlantique et est devenu rapidement l’une des gourmandises les plus appréciées. Au XVIIIe siècle serait née la coutume d’en remplir des œufs évidés. Quelques décennies plus tard, l’industrialisation aurait permis l’essor sans limite de l’œuf en chocolat, aujourd’hui rejoint par différentes formes.
Gourmandise par excellence, le chocolat de Pâques permet de souligner l’entrée dans un temps de joie. On peut mettre en parallèle l’oraison du Mercredi des Cendres – « Accorde-nous, Seigneur, de savoir commencer saintement, par une journée de jeûne, notre entraînement au combat spirituel : que nos privations nous rendent plus forts pour lutter contre l’esprit du mal. » – avec la prière d’envoi du temps pascal : « Ils sont finis, les jours de la Passion ; suivez maintenant les pas du Ressuscité ; suivez-le désormais jusqu’à son Royaume, où vous posséderez en fin la joie parfaite ». La différence entre les deux permet de revenir sur le temps de préparation à Pâques qu’a constitué le Carême en vue d’une vraie célébration – manifestée par du chocolat !

Le lapin
C’est peut-être le symbole de Pâques le plus apprécié des jeunes générations. Pourtant, le lapin n’est pas une tradition ancienne en France, si ce n’est dans certaines régions de l’est du pays. Il est en effet plus ancien dans les pays germaniques. Les migrations de populations allemandes vers les États-Unis au début du siècle dernier l’ont conduit sur le territoire américain, d’où il est revenu en Europe occidentale ces dernières décennies. Il trouve maintenant une place de choix chez les chocolatiers.
Mais pourquoi un lapin ? On pourra raconter aux enfants une des légendes qui l’entourent. Selon certains, un lapin – ou un lièvre, selon les versions – aurait malencontreusement été enfermé dans le tombeau où le Christ a été déposé après la Crucifixion. Mais sitôt avec la Résurrection, la pierre est roulée sur le côté, permettant à l’animal de bondir hors du sépulcre et d’annoncer l’incroyable nouvelle au monde. Là encore, on peut y voir un enseignement que la joie de Pâques est telle qu’elle doit être partagée. On peut aussi y voir que la Résurrection de Jésus Christ n’arrache pas seulement l’homme à la mort, mais réconcilie la Création tout entière avec son Créateur, comme le clame le psaume d’Isaïe (Is 11, 6-9).
Plus prosaïquement, le lapin est un animal connu pour ses capacités reproductrices… et est donc, comme l’œuf, un symbole de fertilité. La bête à quatre pattes permet donc de souligner que Pâques est une promesse de vie nouvelle et de vie en abondance – comme le promet le Christ lui-même (Jn 10,10).

Updated on 05 Avril 2026
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