Par les gens, pour les gens

Durable, concrète, tournée vers les populations : telle est la solidarité de la Caritas Saint-Antoine. En 2025, elle a réalisé 122 projets, dans 40 pays à travers le monde, pour un total de plus de 3,8 millions d’euros.
19 Avril 2026 | par

Dans un monde marqué par les guerres, les crises et la pauvreté, il est beau de faire partie de ceux qui cherchent des solutions, même modestement et en partant de la base, loin des sphères du pouvoir. C’est la liberté de ceux qui pensent ne compter pour rien, mais qui, partageant la passion franciscaine pour les derniers, s’unissent à beaucoup d’autres et parviennent à améliorer la vie de milliers de personnes dans le monde. C’est le miracle de la Caritas Saint-Antoine qui, grâce à la contribution d’un grand nombre d’entre vous, chers lecteurs, a réalisé en 2025 122 projets dans 40 pays à travers le monde, pour un montant total de plus de 3,8 millions d’euros. Les fonds parviennent à l’œuvre caritative des frères de deux manières : par la collecte traditionnelle composée de nombreux dons et celle qui provient du « 5 pour mille » (une part des impôts sur le revenu que les contribuables italiens peuvent reverser gratuitement à des associations à but non lucratif). Ces deux sources de revenu sont en constante augmentation au fil des ans. Un succès qui certifie la fiabilité de l’œuvre et qui « nous émeut et nous incite à faire toujours plus et toujours mieux, au nom de saint Antoine », affirme le frère Valerio Folli, directeur de la Caritas Saint-Antoine.
Le désengagement progressif des pays occidentaux, y compris l’Europe, envers la coopération au développement – rendu évident par la suppression de l’USAID (l’agence des États-Unis pour le développement international) en juillet dernier – rend encore plus nécessaire et vitale l’action des petites organisations telles que la Caritas Saint-Antoine, qui sont en première ligne aux côtés des missionnaires et des associations locales, dans les zones les plus touchées par la pauvreté et l’abandon. C’est le soutien des gens pour les gens. En allant au cœur du bilan, le premier chiffre qui saute aux yeux est que l’Afrique est au centre de la solidarité antonienne, avec 66 projets et plus de 41 % du montant total des fonds. Vient ensuite l’Europe, avec 13 projets et 34,5 % des ressources : un chiffre considérable, qui inclut un grand projet qui a vu le jour en juin de l’année passée : un centre de rencontre, de formation et de prévention de la délinquance juvénile, au cœur des quartiers difficiles de Palerme, qui a absorbé à lui seul 700 000 euros. En troisième position, on trouve le continent américain, avec 22 projets et 16 % des ressources, et en quatrième position, l’Asie, avec 16 projets et près de 8 % des ressources.

Contre les maux du monde
Un regard d’ensemble sur le type de pays et de projets réalisés nous montre tout de suite que l’œuvre de la Caritas Saint-Antoine touche les « points sensibles » du monde. En premier lieu, la « guerre mondiale par morceaux » selon la définition d’une clairvoyance extrême du pape François. C’est justement la guerre qui est au cœur de nombreux de nos projets. Ce n’est pas un hasard si le pays où le plus grand nombre de projets réalisés est la République Démocratique du Congo, dont l’histoire est marquée par de très longs conflits armés : le plus récent s’est rallumé en 2022 et a causé une catastrophe humanitaire avec le déplacement de millions de personnes. Regarder vers l’avenir malgré tout, telle était la demande des missionnaires du pays : avec eux, nous avons contribué à faire fonctionner des centres médicaux, construit et rénové des salles de classe et des dortoirs pour les élèves les plus fragiles, creusé des puits, soutenu de petites entreprises ou des projets d’insertion professionnelle. Au Myanmar, déchiré par la guerre civile et le dernier tremblement de terre de mars 2025, la population est à bout et les personnes déplacées à l’intérieur du pays sont plus de 3,5 millions : la Caritas Saint-Antoine est aux côtés d’un groupe de religieuses qui apportent un soulagement matériel et spirituel dans les camps de réfugiés, où l’aide internationale arrive désormais au compte-gouttes. Notre volonté d’aider ceux qui souffrent de la guerre nous a également conduits en Occident, en Ukraine, où les frères roumains, en accord avec les couvents ukrainiens, continuent d’acheminer les biens nécessaires à la survie des réfugiés de guerre. 
Un autre pays en difficulté fait la Une des journaux : le Venezuela. Au lendemain de l’incursion américaine et de l’enlèvement du président Maduro, le pays sud-américain vit un moment de grande incertitude, où il est difficile de trouver de la nourriture et encore plus difficile de se soigner : « Avec les frères locaux, explique le frère Folli, nous avons mis en place un centre médical avec 45 spécialistes, une assistance de qualité adaptée aux pauvres. Pour soutenir cette œuvre, ainsi que d’autres projets des frères locaux, nous avons également pris en charge un élevage avicole, ouvert à la population, pour offrir de la viande et des œufs à des prix abordables ».
Autre point sensible dans le monde et autre micro-solution. Cette fois-ci, nous sommes au Mozambique et notre bataille a été contre le changement climatique : « Nous avons reconstruit une école fortement endommagée par un cyclone ; cela nous arrive de plus en plus souvent. L’année dernière, c’était arrivé à un village en Équateur, en grande partie détruit par une inondation », raconte le frère Valerio. Et d’ajouter que les demandes d’accès à l’énergie sont de plus en plus nombreuses, dans un contexte mondial où les ressources énergétiques sont de plus en plus chères, en particulier pour ceux qui ne disposent pas d’infrastructures adéquates. « La demande de panneaux photovoltaïques est désormais courante, en particulier pour les écoles et les dispensaires. Lorsque l’on a besoin d’une continuité énergétique, comme c’est le cas pour les petits hôpitaux ruraux, nous achetons également des générateurs ».
Parmi les points sensibles du monde, il y a aussi la pauvreté qui sévit aujourd’hui non seulement dans les pays peu développés, mais aussi dans les pays dits « riches ». « À l’époque du Covid, en nous appuyant sur les paroisses et les couvents des frères, surtout en Italie, nous avons créé le Fonds Saint-Antoine pour aider les familles en grande difficulté grâce à une série de mesures, gérées par les frères locaux : aide au revenu, bourses de travail, paiement des factures, frais scolaires, assistance médicale. Un service qui s’est poursuivi au fil du temps et auquel la Caritas Saint-Antoine a alloué cette année 150 000 euros ».

Les chiffres de 2025
En passant du contenu aux chiffres, nous constatons que cette aide aux maux du monde a pris certaines formes plus fréquentes : 30 projets dans les domaines de la santé, de l’hygiène et de la nutrition, 29 projets scolaires, 24 projets de « promotion humaine », c’est-à-dire des projets communautaires de nature variée allant de la formation aux droits et au travail, en passant par la lutte contre certains facteurs causant la pauvreté. Les 17 projets qui ont permis de construire des foyers d’accueil et des dortoirs pour les couches les plus fragiles de la population et les 10 projets visant à faciliter l’accès à l’eau dans les villages ruraux, notamment des puits et des petits aqueducs, revêtent également une certaine importance. En ce qui concerne les bénéficiaires, cette année, les catégories les plus ciblées sont les enfants et les jeunes scolarisés ainsi que les populations locales, en particulier dans les zones rurales. « Pendant longtemps, explique le directeur de la Caritas Saint-Antoine, les bénéficiaires privilégiés de notre solidarité ont été les plus jeunes. Au fil des ans, cependant, nous avons pris conscience que l’accès à l’école était important, mais qu’il ne suffisait pas à lui seul. Travailler avec les communautés, promouvoir les services, la formation humaine, sanitaire et professionnelle signifiait tendre vers l’idéal d’une prise en charge globale de la personne ». Les femmes occupent la troisième place parmi les bénéficiaires, avec 12 projets.
Et là encore, on revient à un problème très actuel : un projet au Népal vient en aide aux victimes de violences domestiques, mais il existe de nombreux microprojets, notamment en Asie, visant à créer des foyers pour les jeunes filles afin qu’elles n’aient pas à parcourir de longues distances seules pour se rendre à l’école ou au travail, les protégeant ainsi des abus. Certains projets d’insertion professionnelle sont également destinés aux femmes, afin de leur redonner autonomie et dignité.

Former les paroisses
L’engagement de la Caritas Saint-Antoine en faveur de la formation s’est également étendu aux paroisses et aux associations locales qui, faute de structures et de personnel qualifié, ne sont pas en mesure d’élaborer des projets de développement et de les présenter à diverses agences afin d’accéder aux fonds nationaux et internationaux dédiés. « De nombreux responsables de projets sont des prêtres, des religieuses ou des opérateurs qui vivent dans des endroits reculés et très pauvres, auxquels personne ne prêterait attention », explique le frère Valerio. Les opératrices de la Caritas Saint-Antoine ont également la tâche très difficile d’aider ces personnes à apprendre les techniques de planification. Chaque projet est suivi étape par étape, au fur et à mesure de l’avancement des travaux. Chaque étape a son budget et son compte-rendu. Cela permet de contrôler l’utilisation de l’argent et, en même temps, de transmettre à ces personnes une expérience utile pour collaborer avec d’autres organisations à l’avenir ». Cette démarche offre deux avantages : le premier est que 99 % des projets approuvés par la Caritas Saint-Antoine sont menés à bien ; le second est que de plus en plus d’opérateurs locaux deviennent des référents fiables, agrandissant ainsi le réseau de la Caritas Saint-Antoine.
En lien avec cette activité de coaching, il a été décidé de n’accepter comme premiers projets de nouveaux référents que des réalisations de petite envergure, auxquelles la Caritas Saint-Antoine apporte sa contribution dans la phase finale. Ce n’est pas un hasard si la plupart des projets 2025 de la Caritas Saint-Antoine, soit 61 % du total, sont des microréalisations.
Voici plus précisément les postes budgétaires les plus importants pour 2025. En première place, les projets de construction partielle ou totale de bâtiments à usage communautaire : ce type d’intervention a concerné 40 projets et a absorbé plus de la moitié des fonds collectés (53,62 %).
En deuxième position, l’achat d’équipements, principalement médicaux, avec 30 projets et 16 % des dépenses.
En troisième position, les rénovations avec 19 projets et environ 12 % des dépenses. « Accepter les projets de construction et d’achat d’équipements – commente le frère Valerio – est un choix qui nous appartient, et qui n’est souvent pas partagé par d’autres organisations, précisément en raison des coûts. Grâce aux relations privilégiées qu’elle entretient avec l’Église et les frères mineurs conventuels locaux, la Caritas Saint-Antoine s’efforce d’offrir aux communautés les moyens nécessaires à leur développement, mais que celles-ci ne pourraient obtenir seules, comme un dispensaire, des salles de classe, un échographe pour les femmes enceintes ». Tous les ingrédients d’une solidarité qui se concentre sur les petits projets concrets, durables et conçus avec les bénéficiaires, réalisés par les gens pour les gens. Au nom de saint Antoine.

Updated on 19 Avril 2026
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